Nous arrivons à Potosi dans un bus tout confort : sac sur le toit, fenêtres qui ne ferment pas…mais, il n’est pas tombé en panne.

ruelle de Potosi

La ville, à 4000m d’altitude (on souffle pour monter à notre chambre) est assez grande et plutôt bien entretenue. Entre deux défilés et de bonnes pizzas, on se balade dans les ruelles sans aucune appréhension, croisant de temps en temps de superbes voitures (elles appartiennent aux quelques mineurs ayant trouvé un bon filon).
Potosi est célèbre pour sa mine d’argent (le Cerro Rico) et a même été une des villes les plus importantes du monde. Aujourd’hui, les capitalistes européens on été chassés et ce sont les 10 000 mineurs regroupés en coopératives qui gèrent la mine.

deux mineurs?

C’est donc avec deux anciens mineurs, qui ont décidés de doubler leur espérance de vie en se recyclant dans le tourisme, que nous partons à la découverte de la mine (après avoir signé une décharge comme quoi ils ne sont responsables de rien).
Tout d’abord, un passage par le marché des mineurs s’impose afin d’acheter quelques présents pour nos hôtes : jus de fruit, alcool, coca, dynamite… C’est quand même pratique de pouvoir envoyer son fils acheter l’explosif et la boisson au magasin du coin.
Après avoir passé notre combinaison de combat, on s’arrête dans un centre de raffinage. En fait c’est super simple : on fait entrer la roche par un coté, on la broie et il en ressort de l’argent et de la boue polluée par des produits chimiques.

une galerie

Enfin, nous nous enfonçons dans la mine par une entrée datant de l’époque des conquistadors (bon ça ne c’est pas écroulé jusque là). En entrant il faut aller dire bonjour à El Tio (l’oncle) le maître des lieux, lui offrir un peu d’alcool (à 96° mais assez goûteux) et des feuilles de coca pour que tout se passe bien. Christelle ayant eu sa dose de tunnels sombres et étroits préfère rejoindre l’air libre. Pierre continue 1h30 au travers des galeries à la rencontre des mineurs. Ces derniers sont plutôt sympathiques et acceptent volontiers les cadeaux afin de faire une pause (l’excavation et le transport se font encore à la main).
La mine regorge de minéraux multicolores que l’on découvre au fil des galeries (pas toujours très grandes) et des échelles (trois fois 10 mètres à grimper) avant de ressortir de l’autre coté de la montagne ! C’est une expérience unique mais que nous ne sommes pas sur de recommencer de si tôt.

emblème du musée

Pour ne rien perdre de l’histoire de l’argent, on poursuit par la visite de l’Hôtel de la Monnaie. Cet immense bâtiment abrite les machines pour frapper la monnaie d’argent en circulation dans l’Amérique du Sud et l’Espagne. La guide nous explique qu’avec tout l’argent de la mine on pourrait construire un pont entre Potosi et Madrid (et avec les os des esclaves morts on pourrait faire de même complétait un mineur).

Au final, nous décidons de ne pas céder à la fièvre de l’argent en devenant mineurs et on quitte Potosi avec un seul caillou-souvenir en poche, direction Sucre.

Plus d’argent ? 

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