bus-lit

bus-lit

Le trajet Vientiane / Luang Prabang  se fait en bus couchette: tu te couches à Vientiane et, après une bonne nuit calme et réparatrice, tu te lèves à Luang Prabang . Enfin, c’est comme ça qu’on nous l’a vendu. Au final les couchettes sont des sièges inclinés à 180° plutôt confortables mais certains dorment aussi dans le couloir, surbooking oblige. Le voyage n’est pas trop pénible et on a même droit à une pause pipi/repas vers une heure du mat et du sommeil en rab grâce à une crevaison.

Au réveil l’éternelle négociation avec le tuk-tuk pour rejoindre le centre ville n’est pas des plus agréable  «non, le centre n’est pas à 50 km du terminal de bus » « non, je ne payerai pas le triple du prix». Une fois en ville on découvre que c’est le nouvel an chinois et que Luang Prabang est la première destination touristique du Laos. Résultat, il y a plus de touristes que de Laos dans les rues.

le Mekong

le Mekong

Le premier jour nous partons en bateau vers les grottes de PakOu, histoire de voir comment on supporte 3h sur le fleuve. Les grottes n’ont rien d’exceptionnel à part des milliers de statues de bouddhas.  En plus, comme on débarque en même temps qu’un bateau d’américains grabataires, l’ambiance est plus ‘l’hospice s’amuse’ que ‘la sérénité infinie de bouddha’. Cependant, le voyage au gré du fleuve nous plait et le coucher de soleil sur le Mékong finit de nous convaincre que les 8h de bateau pour monter aux villages plus au nord seront superbes.

Bouddha

Bouddha

Luang Prabang comporte un nombre incroyable de temples bouddhistes au m². On se balade en ville en en visitant quelques uns avant de monter, aux heures les plus chaudes de la journée, en haut de la Stuppa ThamPhusi qui domine la cité. Le soleil est accablant mais du coup, il y a peu de monde. Ensuite pour s’éloigner un peu du centre on prend des vélos. On se perd dans les rues éloignées et les temples jusqu’à un marché. Comme dans tout marché local il y a des petites vielles qui vendent les trois légumes de leur jardin, des étales de viandes criblés de mouches. La spécificité ici vient de petits bassins où nagent des poissons, enfin un peu de nourriture fraiche ! Bon, certains poissons nagent sur le dos ou sont aidés par la vendeuses pour faire croire à un peu de vie… on hésite entre le pathétique et le burlesque.

Cascades de KuangSi

Cascades de KuangSi

Après les efforts de la veille, on se repose au soleil, quand un tuk-tuk déjà bien rempli nous interpelle «Cascade ? Tuk-tuk ?» «Combien ?» «Pas cher !». Ok, nous voila partis vers les cascades de KuangSi à 30km de là. KuangSi c’est comme un aquaboulevard international : les Laos pique-niquent sur les tables, les chinois hurlent et prennent des photos tandis que les Australiens picolent avant de se jeter à l’eau. Mais si on fait abstraction de la foire ambiante, ces cascades se déversant dans une succession de lagons bleus turquoise sont superbes et la baignade est bien rafraichissante. On reprend in-extremis notre tuk-tuk qui a bourré le maximum de touristes en nous attendant et c’est serrés comme des sacs de riz  qu’on fait le trajet retour.

aumône zen...

aumône zen…

Mais revenons aux temples et à leurs habitants vêtus d’orange qui illuminent la ville. Le matin, les moines passent dans les rues pour faire l’aumône à la population qui les attend devant leurs maisons. On fait alors l’effort surhumain de se lever à 5h30 pour y assister. La ruelle est calme, quasi déserte, trois Laos attendent à genoux sur leurs paillasses et quelques touristes sont assis sur le trottoir en face. Le tambour retenti et les moines sortent du temple en colonne, passent devant les fidèles et reçoivent une boulette de riz. Un autre coup de tambour et c’est un deuxième groupe qui sort allant quêter le riz dans la quiétude du matin… simplement beau.

aumône foire

aumône foire

Pour en voir un peu plus, on décide de remonter sur la rue principale où se situe la majorité des temples, et là le changement d’ambiance est violent : un ballet incessant de tuk-tuk déverse des hordes de touristes bruyants et des femmes vendent du riz à donner aux moines. Quand ces derniers sortent de leurs temples, les personnes se postent devant eux pour les prendre en photos, ou leurs donner des montagnes de riz sans se soucier des traditions. Il y a tellement de riz que les moines le redonnent par sacs entiers aux enfants démunis qui doivent être les seuls à apprécier la situation. Bref, des fois on a honte d’être touriste.

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Le bilan de Luang Prabang est mitigé, la ville est belle et ses moines accueillants mais la horde de touristes, dont la majorité chinois, gâche une partie du plaisir et font envoler les prix tandis que les services restent au niveau du plancher, rien de bien bon pour les années à venir.

Plus de moines ?  nos jolies photos

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