Les transports de Vientiane vers le sud du pays, sont réputés être de bonne qualité et confortables. A la gare routière on regarde donc un peu étonnés le véhicule issu d’un mélange entre un wagon-lit et une voiture tuning. Et une fois à l’intérieur, coincés à deux dans une couchette une place, sans fenêtre et au niveau des essieux, on passe l’une de nos pires nuits au Laos.

Pakse, gare du nord

Pakse, gare du nord

Arrivés au terminal nord de Pakse aux aurores, les tuktuks n’attendent même pas qu’on soit sortis du bus pour proposer leurs services. Ce n’est pas très agréable mais forcément on a besoin d’eux car les gares routières sont systématiquement situées à 8km de la ville. Le terminal sud (desservant… les villes du sud) est beaucoup plus local. On a juste le temps d’acheter les billets, d’identifier notre bus (ou plutôt l’épave roulante) et de jeter les bagages sur le toit avant qu’il ne parte.

bus ...qui roule encore

bus …qui roule encore

En saison sèche, le trajet vers le Plateau des Boloven est assez monotone : une grande steppe brulée par le soleil. L’animation vient de l’intérieur du bus, où se mélangent des familles en train de déjeuner, des moines au téléphone, des gens en costar-cravate… Sans parler du suspens : à chaque montée on se demande si on ne va pas caller, et à chaque bosse si on ne va pas perdre une roue. Finalement le chauffeur s’arrête au milieu de pas grand-chose : « Tadlao, c’est ici ». On descend, récupère nos bagages et… le village est à 2 km de là mais pas de tuktuk. Sous un soleil accablant, chargés et fatigués de nos 15h de transports, pour une fois qu’on était prêt à payer, y’a personne ! La fin du parcours se fait donc à pied.

cascade/bassin de TadLaoo

cascade/bassin de TadLaoo

Des trois cascades à voir dans le coin, seule la plus proche semble ne pas être asséchée. Après une demi-heure de marche sous un soleil de plomb malgré l’heure matinale, on arrive devant un grand bassin alimenté par un superbe mur d’eau. Des villageois font leur lessive ou pêchent le déjeuner : une sorte de petit poisson-chat croisé avec une limasse… miam. Le soleil brille, l’eau est fraiche, la cascade hypnotisante … on y perd volontiers quelques heures.
La vie est douce sur le plateau, mais le paysage poussiéreux et sec nous fait fuir.

pause crevaison

pause crevaison

Le retour sur Pakse s’effectue en taxi, partagé avec d’autres touristes, c’est confort, plus rapide et à peine plus cher que le bus. Une heure plus tard nous revoici au terminal sud. Sans pouvoir négocier, on s’installe dans le seul tuktuk collectif qui va aux 4000 îles. Chacun essaye de prendre sa place tandis que le chauffeur entasse tout ce qu’il peut. Au final on se retrouve serrés à 25 avec des bagages, des sacs de provisions, des colis et même une mobylette !

c'est long

c’est long

Le trajet est long… très long, il nous faut 5h pour faire 200 Km mais avec quelques pauses sur le bord de route : D’abord, vers midi, des femmes accourent en hurlant pour proposer des brochettes géantes (poulet, rongeur ou chauve-souris). Puis, quand les jambes commencent à fourmiller, la crevaison permet de se détendre un peu, merci les clous ! Enfin le Mékong, plus que le bac pour traverser et nous allons arriver. Le chauffeur récolte alors le prix du trajet et on s’aperçoit que les locaux payent aussi cher que nous.

Décidément les prix des transports restent un mystère pour nous. Au Laos, voyager dans un mini-bus privé climatisé coûte aussi cher qu’à 25 dans un camion… Sûrement le prix du privilège du voyage traditionnel !

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