1, 2, 3…. 4000 îles, la douceur de vivre

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C’est marrant comme il y a des endroits où on arrive et on se sent tout de suite bien, prêt à y rester longtemps même s’il n’y a rien à faire. Est-ce le Mékong qui coule lentement ? Les enfants qui font coucou au lieu de demander des sous ? Ou bien les gens qui ne vous demandent rien ? Bref l’arrivée sur DonKhong est plutôt positive.

des îles

des îles

Nous voilà donc sur l’une des 4000 îles qui composent cette région des chutes du Mékong au sud-est du Laos. Contrairement à la plupart des îles du coin, la notre est un peu plus grosse qu’un  buisson.
Dès le lendemain, on se lance à sa découverte à vélo. Equipés de nos belles bicyclettes des années 50, on part sur les routes, ou plutôt sur la route qui traverse l’île.

DonKhong à vélo

DonKhong à vélo

Le paysage est désertique excepté quelques bicoques en bois, le sable est rouge et il fait chaud, chaud, chaud. La montre bloquée en degrés Fahrenheit nous indique entre 108 et 112 °F, soit (on convertira plus tard) entre 42 et 44°C, voilà donc pourquoi on a si chaud ! De l’autre coté de l’île on arrive sur un village, plus authentique que celui où on dort (constitué uniquement de guesthouses). Ici, point de bars alignés mais des échoppes qui vendent pêlemêle habits, téléphones et quincaillerie. Pour le retour, on passe par le sud, le long de la côte, du pont en construction et des rizières vertes qui reposent les yeux. Epuisés par la chaleur, on passe le reste de l’après midi à siroter une citronnade en admirant le fleuve parsemé d’arbres et les barques qui slaloment. Ne rien faire au bord du Mékong : c’est ça la vie au Laos, et ça nous plaît !

le Mékong

le Mékong

On continue ensuite encore plus au sud direction une autre des 3999 îles restantes. Entre Don Det la fêtarde et Don Kon la tranquille, vous l’aurez deviné, on choisit la seconde. Pour son anniversaire Christelle a ainsi droit à une nouvelle croisière sur le Mékong (dans une barque remplie de touristes), un poulet-frites (et les éternels concombres), un brownie et un gâteau aux bananes (un peu secs). Bon sur une île quasi déserte pas facile d’organiser une fête d’anniversaire, les cadeaux, ça sera pour plus tard.

chutes de PhaPheng

chutes de PhaPheng

Ici aussi la vie est calme et les couchers de soleils sont fabuleux, mais il y a un peu plus d’activités. Avec Boris et Sophie, rencontrés dans notre charmant bungalow, on part à l’aventure au pied des cascades de PhaPheng. A 8 sur une mini barque, on contourne les rapides, puis on marche dans les herbes folles avant de traverser une rivière sur une tyrolienne. On finit dans un torrent avec de l’eau à la taille avant de se retrouver devant d’énormes chutes d’eau. Le plus haut débit d’Asie du sud-est parait-il, impressionnant ! Et pour nous remettre de nos émotions on a droit à un (mini) morceau de poisson cuit sur le feu par notre batelier.

plage du Mékong

plage du Mékong

Après les eaux c’est par les terres que, le lendemain, on continue la découverte des cascades. On enfourche des vélos, toujours aussi modernes, jusqu’aux chutes de LiPhi. Plus petites que celles de la veille, elles n’en sont pas moins belles. Ici le Mékong se divise en plein de petits bras qui descendent dans un tourbillon d’écume blanche laissant apparaitre rochers gris et arbustes verts. C’est juste beau ! Il y a même une plage de sable fin pour se reposer au soleil, ou plutôt bruler. Et après les terres les airs avec le SkyBridge (=pont du ciel) qui nous mène à MoonIsland (île de la lune). Un joli sentier, mais on ne trouve rien d’extraordinaire à cette nouvelle île si ce n’est le pont branlant au dessus d’un bout de rivière qu’il faut franchir.

Beau, chaud, vélo, chutes d’eau, Uno… Malgré la chaleur, ces quelques jours au milieu des chutes du Mékong, dans des petits villages ruraux, sont vraiment paisibles. Mais cette fois le visa se termine vraiment demain, alors adieu Laos tranquille, on s’en va retrouver la civilisation pour rejoindre le Cambodge.

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Plateau des Boloven : TadLo et transports Lao, chaud chaud chaud

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Les transports de Vientiane vers le sud du pays, sont réputés être de bonne qualité et confortables. A la gare routière on regarde donc un peu étonnés le véhicule issu d’un mélange entre un wagon-lit et une voiture tuning. Et une fois à l’intérieur, coincés à deux dans une couchette une place, sans fenêtre et au niveau des essieux, on passe l’une de nos pires nuits au Laos.

Pakse, gare du nord

Pakse, gare du nord

Arrivés au terminal nord de Pakse aux aurores, les tuktuks n’attendent même pas qu’on soit sortis du bus pour proposer leurs services. Ce n’est pas très agréable mais forcément on a besoin d’eux car les gares routières sont systématiquement situées à 8km de la ville. Le terminal sud (desservant… les villes du sud) est beaucoup plus local. On a juste le temps d’acheter les billets, d’identifier notre bus (ou plutôt l’épave roulante) et de jeter les bagages sur le toit avant qu’il ne parte.

bus ...qui roule encore

bus …qui roule encore

En saison sèche, le trajet vers le Plateau des Boloven est assez monotone : une grande steppe brulée par le soleil. L’animation vient de l’intérieur du bus, où se mélangent des familles en train de déjeuner, des moines au téléphone, des gens en costar-cravate… Sans parler du suspens : à chaque montée on se demande si on ne va pas caller, et à chaque bosse si on ne va pas perdre une roue. Finalement le chauffeur s’arrête au milieu de pas grand-chose : « Tadlao, c’est ici ». On descend, récupère nos bagages et… le village est à 2 km de là mais pas de tuktuk. Sous un soleil accablant, chargés et fatigués de nos 15h de transports, pour une fois qu’on était prêt à payer, y’a personne ! La fin du parcours se fait donc à pied.

cascade/bassin de TadLaoo

cascade/bassin de TadLaoo

Des trois cascades à voir dans le coin, seule la plus proche semble ne pas être asséchée. Après une demi-heure de marche sous un soleil de plomb malgré l’heure matinale, on arrive devant un grand bassin alimenté par un superbe mur d’eau. Des villageois font leur lessive ou pêchent le déjeuner : une sorte de petit poisson-chat croisé avec une limasse… miam. Le soleil brille, l’eau est fraiche, la cascade hypnotisante … on y perd volontiers quelques heures.
La vie est douce sur le plateau, mais le paysage poussiéreux et sec nous fait fuir.

pause crevaison

pause crevaison

Le retour sur Pakse s’effectue en taxi, partagé avec d’autres touristes, c’est confort, plus rapide et à peine plus cher que le bus. Une heure plus tard nous revoici au terminal sud. Sans pouvoir négocier, on s’installe dans le seul tuktuk collectif qui va aux 4000 îles. Chacun essaye de prendre sa place tandis que le chauffeur entasse tout ce qu’il peut. Au final on se retrouve serrés à 25 avec des bagages, des sacs de provisions, des colis et même une mobylette !

c'est long

c’est long

Le trajet est long… très long, il nous faut 5h pour faire 200 Km mais avec quelques pauses sur le bord de route : D’abord, vers midi, des femmes accourent en hurlant pour proposer des brochettes géantes (poulet, rongeur ou chauve-souris). Puis, quand les jambes commencent à fourmiller, la crevaison permet de se détendre un peu, merci les clous ! Enfin le Mékong, plus que le bac pour traverser et nous allons arriver. Le chauffeur récolte alors le prix du trajet et on s’aperçoit que les locaux payent aussi cher que nous.

Décidément les prix des transports restent un mystère pour nous. Au Laos, voyager dans un mini-bus privé climatisé coûte aussi cher qu’à 25 dans un camion… Sûrement le prix du privilège du voyage traditionnel !

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Retour à Vientiane

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C’est agréable de revenir dans une ville que l’on connait, on sait où aller, où prendre le tuktuk pour ne pas se faire avoir, où manger, on revoit des têtes connues  …
On retourne à la Villa et il y a une chambre de libre pour nous, coup de chance car le mariage de Jean-Marc (souvenez-vous) est pour la semaine prochaine donc l’hôtel se rempli. Parfait !

service des Visas

Le service des Visas

Encore une fois on s’arrête là pour un peu d’administratif. A force de d’y aller doucement, le compteur s’égrène et il ne nous reste pas beaucoup de temps (le visa laotien est d’un mois, c’est court pour nous). On a décidé de faire prolonger notre visa, mais juste de quelques jours histoire d’être plus tranquilles pour visiter le sud et de ne pas repayer les 30$ de visa pour 30 jours. Mais c’était sans compter sur l’administration laotienne… Pour rappel le Laos a été un protectorat Français, on y a laissé du bon pain mais aussi le fonctionnement de nos administrations…
Alors forcément quand on se pointe le vendredi à l’immigration on nous répond « ha non pas de visa le vendredi, revenez lundi » ; et quand on revient le lundi matin à la première heure : « vous ne pourrez récupérer votre passeport  que demain  ». Et oui mettre un coup de tampon c’est trop difficile pour un vendredi et ensuite il faut 24h pour que l’encre sèche… En plus de ça on a eu droit au pire taux de change $/kip (pourquoi est il plus cher de payer dans la monnaie locale qu’en $ ???) autant vous dire qu’on en ressort un peu énervés ! Au final on a perdu 2 jours pour prolonger notre séjour de 3 jours… mais cool, on est au laos, le mékong continue de couler.

Le marché TadTsao

Le marché TadTsao

Bon en fait on n’a pas vraiment perdu notre temps car on en a profité pour faire les marchés de long en large et en travers.
TadTsao c’est le marché du matin, avec tous ses tissus (et oui Christelle à re-craquer), son or (elle a résisté) ses consoles de jeux chinoises (Pierre s’est retenu), ses merdouilles (il a succombé à l’indispensable raquette électrique anti-moustiques).
Et le soir … c’est le marché du soir : un mélange de souvenirs à touristes et de vêtements locaux (un peu déprimant quand le tshirt taille XL se révèle trop petit). Et il y a aussi tous les stands de nourriture : brochette de riz collant, brochette de saucisse ou de surimi, samosa, gâteaux sucrés à on ne sait pas trop quoi…

Le retour à la Villa c’est aussi les retrouvailles avec ses habitants, ils sont presque tous là et ça nous fait plaisir de repasser du temps avec eux.
Encore une fois notre séjour à Vientiane a été plus long que prévu. Mais quand on monte dans le bus c’est avec une boule au ventre, on était bien ici… Après plus de  10 mois de voyage et de départs c’est toujours aussi dur de quitter un endroit où on se sent bien.

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Vang Vieng : des bars aux montagnes

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sur la route

sur la route

La journée promet d’être difficile, en effet il ne nous faut pas moins de 10h de bus pour relier MongNoy à Vang Vieng via LuangPrabang. La route est cahoteuse et tourne, tourne et retourne dans les montagnes. En haut d’un col on rencontre un gros bus VIP arrêté depuis 3h avec des morceaux du moteur par terre et on se dit que finalement, bien que serrés à 12 dans le minibus, on a bien choisi notre moyen de locomotion.

VangVieng, jolie ville entre rivière et montagne, a surtout la réputation d’être une ville basée sur la fête, l’excès de boisson et remplie d’Australiens saouls se baladant en maillot de bain. Mais tout le monde nous explique que depuis quelques mois c’est plus calme, à voir…

des bars et des TV

des bars et des TV

Coté pile, la ville est effectivement composée de bars peuplés de nénettes en mini short et de jeunes cherchant l’alcool. Affalés sur des paillasses pleines de puces ils  regardent des épisodes de friends en boucle. Mais à y regarder de plus près, la plupart des bars sont vides et il se dégage des lieux comme une atmosphère de « hors saison ». On ne voit pas grand-chose non plus du « Tubing », l’activité principale, qui consiste à descendre le fleuve sur une bouée en consommant le maximum de bières et de produits illicites. Renseignements pris, le ménage a été fait il y a trois mois: sous la pression des ambassades le gouvernement a démonté le ponton et les bars le long de la rivière. Il faut dire qu’il y avait en moyenne 25 morts par an et des centaines de blessés. C’est une bonne chose car, même si la majorité des décès était des anglo-saxon avinés, la bêtise ne mérite pas la peine de mort.

tisseuse

tisseuse

Coté face, en traversant un pont payant, au pied des montagnes le petit village de Huay Yae est accueillant avec ses bungalows invitant à la farniente et ses habitants avenants. On dégote un restau tenu par un couple Franco-Lao qui fait une confiture divine (le mélange franco lao fait des merveilles culinaires) et nous arrose de conseils sur les balades du coin.
Du coup, on loue des VTT  pour faire une belle boucle au travers des montages. Au début on passe par des villages où les femmes vendent leurs tissages à des prix mini. Au vue de la qualité on n’a pas le cœur de négocier.

nos beaux vélos

nos beaux vélos

Les paysages bordant le chemin sont grandioses: des montagnes déchirées qui se découpent en ombres chinoises sur un ciel bleu et un fond vert, on comprend mieux le surnom de « Baie d’Along des terres ». La route est facile et on croise pas mal d’écoles dont une à l’heure de la sortie. Les gamins se précipitent sur nous et demandent des dessins sur les mains, ce que Christelle fait de bon cœur. On comprendra plus tard qu’ils réclamaient des stylos… tant pis fallait être plus explicites, de plus ce n’est pas dans nos habitudes de donner aux enfants.

village et montagnes

village et montagnes

La fin du parcours nous amène près du fameux lagon bleu qui ne parait pas exceptionnel, on entend de la musique à fond et en plus c’est payant. On fait demi-tour devant les gardes qui ont du mal à comprendre qu’un touriste puisse refuser l’entrée. Sur le retour, on croise de nombreux tuk tuk remplis de fallangs (=touristes blancs) bières à la main qui semblent avoir trouvé une source de divertissement alcoolique alternative au tubing.

3 mois de boulot

3 mois de boulot

Avant de quitter VangVieng, sur les conseils du couple restaurateur, on va voir un magasin de Sin (jupes traditionnelles tissées). Les tissus sont de toute beauté mais extrêmement chers. Devant notre intérêt,  la propriétaire nous montre toute la collection (il y a des pièces à 600€ qui ont nécessité 3 mois de confection) merci !

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On pourrait rester encore longtemps à Vang Vieng pour se la couler douce en admirant les montagnes ou en se rafraichissant dans la rivière.  Mais le temps fuit et il faut continuer la descente du pays… Quelle désagréable impression que d’être obligés de compter ses jours.

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NongKiaw et MongNoy: le long de la rivière Ou

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Après ces épisodes citadins on se rapproche un peu de la nature, direction le nord.
Comme nous l’ont conseillé Hervé et JeanMarc à Vientiane, on décide de prendre le bateau pour remonter le Mékong et la rivière NamOu jusqu’à NongKiaw. C’est plus long et plus cher qu’en bus, il n’y a donc plus que les touristes qui font ça, mais ça vaut le coup !

la NamOu

la NamOu

On embarque de bon matin dans un bateau confortable, ils ont mis des sièges de bus à la place des bancs en bois, et en plus on n’est que 8. Malgré le ronronnement du moteur, on est bercés par les clapotis de l’eau, c’est calme et reposant. Le paysage est superbe : des forêts, des montagnes, des plages de sable fin, des gros cailloux ou des buissons dans l’eau… De gros buffles prennent leur bain, les pêcheurs lancent leur filet et les enfants qui jouent tout nus sur le bord nous font coucou. Bref c’est lent mais les 8h de navigation passent à tout allure. Ha oui et c’était notre croisière de Saint Valentin ! 😉

NongKiaw

NongKiaw

On arrive en fin d’après midi à NongKiaw, un joli petit village au bord de la NamOu, calme mais assez touristique. Notre guesthouse est bien sympa, les propriétaires nous invitent même à goûter leur repas du soir : riz collant (évidement), poisson (chat), cartilages de poulet (bof) à tremper dans des sauces bien épicées.

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des buffles

des buffles

Mais on ne s’attarde pas ici et le lendemain on reprend le bateau pour continuer encore un peu plus haut. Cette fois les belles places sont réservées aux touristes qui vont loin et on se retrouve entassés au fond sur des planches en bois avec les locaux, c’est aussi une expérience qui heureusement ne dure qu’1h30. La rivière se rétrécie, les montages grandissent et le paysage est toujours aussi beau.

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MongNoy est un village encore plus petit et qui ne vit pas que du tourisme. La grosse attraction du moment c’est la route qui vient d’arriver : petits et grands s’amusent à y faire des allers-retours à toute vitesse en vélo ou en charrette..

la balade

la balade

Nous on snobe la route, et on part se balader par des petits chemins à travers les jardins, les rizières desséchées et la rivière que l’on traverse plusieurs fois (les gués c’est plus sympa quand il fait chaud!). Les montagnes autours sont recouvertes de forêts qui semblent impénétrables, le soleil brille, les cigales chantent, ça fait vraiment du bien de se retrouver dans la nature. On récupère la route pour aller voir l’attraction du coin : des grottes… on ne peut plus banales ! Puis on repart à travers champs en évitant les buffles jusqu’à un petit village plus typique où on boit un thé dans les hamacs en attendant que la température baisse pour rentrer.

la plage

la plage

Après une journée marche, on change pour une journée détente à la plage. Au bord de la rivière, on regarde les papillons voler, les enfants jouer avec les barques et on ne résiste pas à faire un plouf pour se rafraichir.

Ce village nous plait énormément, c’est beau, paisible et vraiment agréable. On hésite : rester encore un peu ici, continuer à remonter la rivière plus au nord, ou redescendre voir si le sud est aussi beau ? Le choix n’est pas facile, mais comme l’étape suivante est le Cambodge on fait demi-tour direction le sud.

Pour le retour, on change de moyen de transport et c’est serrés à l’arrière d’un minibus, sur une route qui tournicote qu’on rejoint Luang Prabang puis VangVieng. Heureusement que le paysage est beau parce qu’au final une journée de bateau c’est plus agréable qu’une journée de bus !

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LuangPrabang : le temple du tourisme

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bus-lit

bus-lit

Le trajet Vientiane / Luang Prabang  se fait en bus couchette: tu te couches à Vientiane et, après une bonne nuit calme et réparatrice, tu te lèves à Luang Prabang . Enfin, c’est comme ça qu’on nous l’a vendu. Au final les couchettes sont des sièges inclinés à 180° plutôt confortables mais certains dorment aussi dans le couloir, surbooking oblige. Le voyage n’est pas trop pénible et on a même droit à une pause pipi/repas vers une heure du mat et du sommeil en rab grâce à une crevaison.

Au réveil l’éternelle négociation avec le tuk-tuk pour rejoindre le centre ville n’est pas des plus agréable  «non, le centre n’est pas à 50 km du terminal de bus » « non, je ne payerai pas le triple du prix». Une fois en ville on découvre que c’est le nouvel an chinois et que Luang Prabang est la première destination touristique du Laos. Résultat, il y a plus de touristes que de Laos dans les rues.

le Mekong

le Mekong

Le premier jour nous partons en bateau vers les grottes de PakOu, histoire de voir comment on supporte 3h sur le fleuve. Les grottes n’ont rien d’exceptionnel à part des milliers de statues de bouddhas.  En plus, comme on débarque en même temps qu’un bateau d’américains grabataires, l’ambiance est plus ‘l’hospice s’amuse’ que ‘la sérénité infinie de bouddha’. Cependant, le voyage au gré du fleuve nous plait et le coucher de soleil sur le Mékong finit de nous convaincre que les 8h de bateau pour monter aux villages plus au nord seront superbes.

Bouddha

Bouddha

Luang Prabang comporte un nombre incroyable de temples bouddhistes au m². On se balade en ville en en visitant quelques uns avant de monter, aux heures les plus chaudes de la journée, en haut de la Stuppa ThamPhusi qui domine la cité. Le soleil est accablant mais du coup, il y a peu de monde. Ensuite pour s’éloigner un peu du centre on prend des vélos. On se perd dans les rues éloignées et les temples jusqu’à un marché. Comme dans tout marché local il y a des petites vielles qui vendent les trois légumes de leur jardin, des étales de viandes criblés de mouches. La spécificité ici vient de petits bassins où nagent des poissons, enfin un peu de nourriture fraiche ! Bon, certains poissons nagent sur le dos ou sont aidés par la vendeuses pour faire croire à un peu de vie… on hésite entre le pathétique et le burlesque.

Cascades de KuangSi

Cascades de KuangSi

Après les efforts de la veille, on se repose au soleil, quand un tuk-tuk déjà bien rempli nous interpelle «Cascade ? Tuk-tuk ?» «Combien ?» «Pas cher !». Ok, nous voila partis vers les cascades de KuangSi à 30km de là. KuangSi c’est comme un aquaboulevard international : les Laos pique-niquent sur les tables, les chinois hurlent et prennent des photos tandis que les Australiens picolent avant de se jeter à l’eau. Mais si on fait abstraction de la foire ambiante, ces cascades se déversant dans une succession de lagons bleus turquoise sont superbes et la baignade est bien rafraichissante. On reprend in-extremis notre tuk-tuk qui a bourré le maximum de touristes en nous attendant et c’est serrés comme des sacs de riz  qu’on fait le trajet retour.

aumône zen...

aumône zen…

Mais revenons aux temples et à leurs habitants vêtus d’orange qui illuminent la ville. Le matin, les moines passent dans les rues pour faire l’aumône à la population qui les attend devant leurs maisons. On fait alors l’effort surhumain de se lever à 5h30 pour y assister. La ruelle est calme, quasi déserte, trois Laos attendent à genoux sur leurs paillasses et quelques touristes sont assis sur le trottoir en face. Le tambour retenti et les moines sortent du temple en colonne, passent devant les fidèles et reçoivent une boulette de riz. Un autre coup de tambour et c’est un deuxième groupe qui sort allant quêter le riz dans la quiétude du matin… simplement beau.

aumône foire

aumône foire

Pour en voir un peu plus, on décide de remonter sur la rue principale où se situe la majorité des temples, et là le changement d’ambiance est violent : un ballet incessant de tuk-tuk déverse des hordes de touristes bruyants et des femmes vendent du riz à donner aux moines. Quand ces derniers sortent de leurs temples, les personnes se postent devant eux pour les prendre en photos, ou leurs donner des montagnes de riz sans se soucier des traditions. Il y a tellement de riz que les moines le redonnent par sacs entiers aux enfants démunis qui doivent être les seuls à apprécier la situation. Bref, des fois on a honte d’être touriste.

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Le bilan de Luang Prabang est mitigé, la ville est belle et ses moines accueillants mais la horde de touristes, dont la majorité chinois, gâche une partie du plaisir et font envoler les prix tandis que les services restent au niveau du plancher, rien de bien bon pour les années à venir.

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A Vientiane, on reste calme

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Bien que l’on arrive dans la capitale, à Vientiane on se sent plutôt comme dans un gros village, le plus gros village d’Asie peut être.

rue de vientiane

rue de Vientiane

Ici très peu d’immeubles, les rues sont assez grandes, il y a plus de moto ou tuktuk que de voitures et on traverse (presque) sans avoir peur de se faire écraser.
Quelque chose nous plaît immédiatement dans ce pays (et non pour une fois ce n’est pas de la nourriture !) : la notion du temps et le rythme nous conviennent, tout se fait doucement. On prend donc notre temps, comme d’habitude ; mais pour une fois ici c’est normal de trainer !

en route pour l'ambassade

en route pour l’ambassade

Notre but du séjour dans la capitale est de faire notre visa pour le Cambodge. En effet d’après les voyageurs rencontrés et les blogs parcourus, la frontière terrestre entre le Laos et le Cambodge est très corrompue, et plein d’arnaques. Autant faire le visa en avance ça nous coûtera moins cher et évitera quelques galères (enfin on espère). Un coup de tuktuk, des photos, un beau formulaire, quelques milliers de kip et on abandonne notre passeport à l’ambassade du Cambodge pour le récupérer le lendemain avec un nouveau beau visa (surement faisable dans la journée si vous vous y prenez le matin). Mission réussie !

le Mekong

le Mekong

Le reste du temps, on se balade tranquillement dans les rues. Notre première vision du Mékong est un peu décevante : il est loin ; très loin des quais, vraiment pas beaucoup d’eau dans ce fleuve mythique, mais c’est vrai, on est en saison sèche. La ville est calme, les gens ne sont pas agressifs, et on ne se fait arnaquer qu’une seule fois, sur le marché : peut être un peu trop détendus par cette ambiance, on achète une pile de montre au moins aussi cher qu’en France ! le vendeur était chinois…

jambon-fromage

jambon-fromage

On redécouvre aussi le pain français, vous savez, une baguette croustillante et moelleuse à l’intérieure… Et la vache-qui-rit , on ne pensait pas dire ça un jour mais c’est super bon ! C’est un vrai bonheur que de croquer dans un sandwich jambon fromage. Coté nourriture locale on teste la  salade de papaye verte « pas épicée svp », c’est bon mais on a la bouche en feu tout l’après midi.

la villa

la villa

Ha et puis Vientiane pour nous c’est aussi beaucoup de temps dans notre hôtel, ou plutôt à la ‘Villa’ où on fait quelques rencontres différentes et intéressantes. Ici peu de voyageurs, mais plutôt des gens qui restent quelques mois sur place. Allez, on vous présente quelques unes de ces personnes qui font partie de notre séjour dans la ville :

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  • Marie, étudiante qui travaille sa thèse sur la musique ThaiDam (ethnie du coin) ;
  • Hervé qui fait reconnaitre les droits des anciens combattants ThaiDam et construit des écoles ;
  • Pascale (avec sa fille) qui travaille pour artisan du monde, et cherche à planter des pommiers dans un village ;
  • JeanMarc qui vient d’ouvrir un restau et s’apprête à se marier avec sa femme lao ;
  • Annie une anglaise très énervée qui fait de la recherche sur les UXO (bombes non explosées) ;
  • Bouin franco-lao qui cherche à construire un hôtel de luxe …

Et voilà comment un petit passage administratif dans la capitale se transforme en une semaine de glandouille ! aller on se bouge, le nord nous attend.

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